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LE SYMBOLISME
Ophélie


コンスタン・モンタルド 「オフィーリア」 1893年
Constant Montald, Ophelia, 1893.



Ophélie
Arthur Rimbaud

I

Sur l'onde calme et noire ou dorment les etoiles
La blanche Ophelia flotte comme un grand lys,
Flotte tres lentement, couchee en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'ou s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or



オフェリア

アルチュール・ランボー 鈴木創士/訳
ランボー全詩集 河出文庫

I

星々の眠る静かな黒い波の上を
蒼白のオフェリアが大きな百合のように漂っている、
長いヴェールに身を横たえ、とてもゆっくり漂っている…
―─遠くの森で猟師の角笛が聞こえる

もう千年以上も前から、悲しいオフェリアは、
白い幽霊となって、長くて黒い河の上を通り過ぎ、
もう千年以上も前から、その優しい狂気は
夕べのそよ風にロマンスを囁く。

風はその胸に口づけし、物憂げに水に揺れる大きなヴェールを
花冠のようにひろげている
ざわめく柳は肩の上ですすり泣き、
夢見る広い額の上に葦が身をかしげる。

機嫌をそこねた睡蓮がそのまわりで溜息をつく。
時おり彼女は、眠る榛(はん)の木のなかの
何かの巣を目覚めさせ、そこからかすかな羽ばたきが逃げてゆく。
―─不思議な歌声が黄金の星々から降ってくる。



アンリ・ジェルヴェックス 「オフィーリア」
Henri Gervex, Ophelia.



II

O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
À ton esprit rêveur portait d'étranges bruits,
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible éffara ton oeil bleu !


II

おお、蒼ざめたオフェリアよ! 雪のように美しい!
そう、いとけないおまえは、河に運び去られて死んだのだ!
―─ノルウエーの大きな山々から吹き降ろす風が
小声でおまえに荒々しい自由のことを語っていたからだ。

一陣の風が、おまえの豊かな髪をねじって、
おまえの夢見がちな精神に奇妙なざわめきを運び、
木の嘆きと夜々の溜息のうちに
おまえの心が「自然」の歌声に耳を傾けていたからだ。

狂った海の声、広大な喘ぎが、あまりに人間的であまりに優しい
おまえのいとけない胸を打ちのめしていたからだ。
ある四月の朝に、ひとりの蒼ざめた美しい騎士が、
ひとりの哀れな狂人が、おまえの膝に黙って座ったからだ!

「空」! 「愛」! 「自由」!何という夢なのだ、おお、哀れな狂女よ!
おまえはその夢に溶けていた、雪が火に溶けるように。
おまえの大いなる幻がおまえの言葉を絞め殺していた
―─そして恐ろしい「無限」がおまえの青い目を驚かせたのだ!




リュシアン・レヴィ=デュルメル オフィーリア 1900年
Lucien Levy-Dhurmer, Ophelia, 1900.



III

- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.


III

―─そして「詩人」は言う。星々の明かりのもとに、
夜になると、おまえは自分が摘んだ花々を探しにやって来る、と、
そして蒼白のオフェリアが、長いヴェールのうちに横たわり、
水の上に、大きな百合のように漂うのを見たのだ、と。




リュシアン・レヴィ=デュルメル オフィーリア?
Lucien Levy-Dhurmer, possibly Ophelia